23 déc. 2019

En passant



Coucou.
...
...
Je ne sais pas si quelqu'un passe encore par ici, on verra bien.
...
...
Tu fais quoi maintenant, depuis quatorze mois ?
Tu lis toujours des blogs ?
Ta vie a changé ou s'est-elle installée dans une routine rassurante ? Ou oppressante ?

Et moi ?... (je fais comme si tu me parlais alors que je me parle toute seule)
Et moi.

Globalement, ça va très bien.
Toujours in love de Darling, toujours présent, toujours là, rassurant et aimant. Toujours génial.

Toujours débordée de boulot, là, c'est plus compliqué. En ces temps de discussions autour de l'âge de la retraite, je me demande sérieusement si je serais encore capable d'assumer ça dans 10 ans... et dans 15, n'en parlons pas.

Un Crapaud-poilu au top. Il a son diplôme d'ingénieur, il restera breton. Sa douce le rejoint début 2020. Ils sont bien tous les deux, même si je sais qu'ils appréhendent la vie commune... Comme tout le monde ;-) C'est toujours un super gars, gentil, aimant, serviable, je suis fière de lui. 
Il a décidé il y a plusieurs mois, à la force de sa volonté, de perdre du poids. Il en a perdu beaucoup. Vraiment beaucoup. Il se sent mieux dans ses pompes désormais et est aussi bien accompagné par sa blondinette.

J'ai arrêté de fumer.

J'ai pris des kilos.

J'ai arrêté de prendre tout traitement hormonal ou contraceptif pour ne plus prendre ENCORE des kilos.

Je les reperds tout doucement. POURQUOI est-ce toujours plus facile à prendre qu'à perdre ? C'est le contraire des sous dans le porte-monnaie. C'est nul.

Je persiste dans mes petites peintures. Je peins des petites cartes, d'anniversaire, de Noël avec un résultat aléatoire, parfois satisfaisant de mon point de vue, parfois pas au rendez-vous de mes attentes ;-)
Je découpe des papiers colorés dans mon bureau, je colle, ça fait des fils de colle. C'est mon antre, mon bordel assumé, ma pièce riche de plein de trucs où je passe des morceaux de dimanche après-midi, sans musique. 

Je fais toujours de l'aquagym ou de l'aquatraining (c'est un tapis de course où tu cours dans l'eau). Je chante avec une petite bande, pas la même qu'avant, c'est bien aussi.

Moumine n'est pas hyper en forme, elle a beaucoup maigri (elle) (mais pas pour de bonnes raisons). Elle n'a que la peau sur les os alors qu'elle mange beaucoup... Ce serait un problème hormonal (pas les mêmes que sa Môman) mais trop chiant à soigner. Elle dort pas mal, comme tous les vieux chats.

J'ai tricoté un snood, deux écharpes, un chèche. Je me bats avec les augmentations, aucune technique ne me satisfait et pourtant, j'ai visionné 50 tutos. Le tricot m'apaise. Et avec le chat sur les genoux, c'est carton plein, surtout quand il y a le plaid entre les deux. Après ça, faut que je rame comme une dingue pour récupérer un peu de sexytude. 
Faire des crêpes, ça compte ?

J'ai fait plein de voyages : Prague, Singapour, Barcelone, Crête... j'ai vraiment de la chance et je la mesure. 

J'ai laissé repousser mes cheveux. Le court est définitivement la marque d'une autre époque.

J'ai quelques nouvelles de temps en temps de toi, toi et aussi toi. Par les rézosossiaux ou en direct. Plutôt en direct. Je ne suis plus trop sur Facebook, un peu plus sur Instagram (sauf quand c'est le temps de #inktober où c'est tous les jours). 

J'ai perdu mon Biquet. Nous avons perdu Biquet. En quelques mois, dévoré par la maladie. Nous vivons un drame atroce, une douleur, et maintenant, le manque... C'est le premier parent que je perds... Ça fait très mal. Et Maman et Ninou-ma-soeur sont loin et c'est dur. Heureusement, nous nous soutenons, nous nous appelons, nous échangeons des petits mots, souvent. Et c'est quand même dur.
...
...
...

Plusieurs fois au cours de ces derniers mois, je me suis dit, au sujet d'une question d’actualité, de la fin ou du début d'une série, d'un bouquin lu ou d'une recette tentée, d'une petite aventure ou mésaventure, que j'aurais bien pu le  raconter ici, avoir des avis, faire rire. 
Puis non. 
Puis si. 
Puis non, finalement.

Alors aujourd'hui ? En fait, j'ai eu un message sur Vinted d'une acheteuse qui venait de recevoir mon pull et qui disait "Je viens de réaliser que vous êtes la Fameuse Blonde paresseuse du blog que je suivais. Je suis encore plus ravie de mon achat 😁
Et merci pour la jolie carte."

Avec un F majuscule. Ce à quoi j'ai répondu que ça me touchait beaucoup que des gens s'en souviennent.

Aussi, j'ai repensé à Coco, le dessin animé, celui qui se déroule pendant El dia de los muertos au Mexique. Celui où on dit que les gens disparaissent vraiment quand il n'y a plus personne pour se souvenir d'eux.  Et mon ego et ma mégalomanie se sont mis en route... Et si plus personne ne se souvenait de Blonde Paresseuse ? Pas d'Armelle, hein, là pour le moment ça va. Mais de l'autre Grosse Blonde...

Pour autant, il n'y aura très probablement pas d'autres billets. Sauf peut-être à la même époque, dans un an ?

Je te souhaite une belle et heureuse année.
...
...
Bye.

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29 oct. 2018

The End




Blonde Paresseuse a décidé de laisser la place à Armelle et sa vraie vie.

Merci pour ces années de partage et parfois de complicité.

- - -

PS : je vais bien, ne t'en fais pas.

22 avr. 2018

Il faut qu'on parle


D'abord, l'idée s'est insinuée dans un petit coin de mon esprit. Je l'ai repoussée avec force et certitude en mode "Nan mais ça va pas ?!" Elle est revenue, sans agressivité, tranquille, elle a commencé à s'étoffer, à apporter des arguments.

Elle a cheminé doucement, tantôt repoussée, tantôt se faisant plus présente. Elle a tiré des bords et finalement, là, elle a gagné. Finalement, je comprends et j'accepte. J'ai même osé la formuler à haute voix, cette idée. D'abord à mon amoureux dans la voiture, puis à mon amie Miss P. 
A lui, sa première réaction a été de demander "Pourquoi ?" puis ensuite "Tu es vraiment sûre ?..."
J'ai un peu vacillé mais au fur et à mesure que j'exprimais mes arguments à haute voix, ça les rendait plus réels. Même si ma voix était un peu vacillante, plus tellement certaine au bout du compte.

Miss P., elle a dit "Ah bah nan alors !" Elle n'était pas d'accord, alors j'ai ressorti les arguments, pour expliquer et aussi pour me conforter dans mon choix. Elle a compris, un peu déçue tout en étant mon amie avant tout. Elle a compris.

Il est temps de nous dire au-revoir. Toi, toi, toi et toi aussi, et tous les autres. 

Ta Grosse Blonde Paresseuse va tirer sa révérence, ici, sur la grande toile de l'Internet mondial, après presque 7 ans d'existence.

En août 2011, j'étais... déjà Grosse, déjà Blonde, déjà Paresseuse, Maman, mariée, je vivais dans une grande et belle maison dans un trou paumé à la campagne, je venais de finir d'écrire ma p'tite histoire et j'avais encore des choses à dire. J'avais besoin d'écrire, tout le temps. C'était très centré sur mon moi-même et surtout très thérapeutique.

Au hasard des billets, tu es venu, toi, toi, toi et toi aussi. Parfois, tu as laissé des commentaires, parfois tu es parti, parfois tu ne disais rien, tout en étant là quand même. Tu m'as tellement aidée... bien plus que tu ne l'imagines.
Grâce à tes boobs, je suis passée à la télé. Grâce à nous toutes, certaines sont allées faire leur mammographie et c'est ma plus belle victoire.
Ecrire m'a fait du bien, savoir que je pouvais te faire rire ou t'émouvoir parfois, c'était un truc bien dans cette vie qui ne me rendait pas hyper heureuse à l'époque.

Ma vie a changé, je suis toujours Maman (Crapaud-poilu va très bien, merci pour lui), j'ai divorcé après une longue, très longue réflexion, j'ai quitté la grande maison, mon ancienne vie. 
Et puis lui... Lui, mon amoureux, le merveilleux, le doux, le tendre et fort, le cuisinier délicat, le drôle. Tout a changé parce que maintenant, je n'ai plus besoin de partager ma vie, devenue banale et délicieuse, je n'ai plus besoin d'extérioriser quoi que ce soit, en tout cas plus de cette manière-là. Tu le sais, je n'ai jamais voulu "écrire pour écrire". J'ai la chance d'avoir un métier qui me fait vivre correctement, le blog n'est pas mon gagne-pain, je n'ai donc plus d'hésitation.

Tu sais aussi, depuis le temps, à quel point la culpabilité fait partie de ma vie, sur plein de sujets différents. Alors quand il y a quelques mois, j'ai commencé à me sentir coupable de ne pas écrire assez... J'ai dit stop. Enfin, j'ai dit "Nan, mais ça va revenir, l'envie d'écrire". 
Et puis non, en tout cas pas assez, pas ici, plus sur moi.
J'ai besoin de faire de la place de mon esprit pour d'autres choses et surtout, de le désencombrer de ce qui n'est pas nécessaire. Culpabiliser de ne pas écrire sur un blog que tu as toi-même créé, ce n'est pas nécessaire.

Maintenant, je vais bien et c'est pas hyper intéressant comme sujet.

Il est l'heure de nous quitter, sans regrets, avec le souvenir de toutes les belles choses vécues ici.

Peut-être que certains seront déçus, peut-être que certains vont tout simplement supprimer leur favori et leur flux RSS, peut-être que certains auront déjà compris depuis quelques temps.
Je présente mes excuses à Armelle, croisée dans la file d'attente des cabines d'essayage chez H&M samedi et qui s'était retournée en me disant "Heu, excusez-moi, vous êtes Armelle du blog ? Je vous lis !"
Je lui présente mes excuses d'avoir été peu causante, me sentant un peu godiche et surtout, de ne pas lui avoir dit "Oui, mais bientôt, il n'y aura plus rien à lire".

Je suis toujours Grosse, toujours Blonde, toujours Paresseuse. Je suis avant tout Armelle. La vraie, celle qui désormais préfère vivre sa vie plutôt que la raconter.

Un million de mercis pour m'avoir aidée à comprendre que je pouvais faire du bien, pour m'avoir émue de vos messages, pour toutes ces bonnes ondes transmises quand j'en avais besoin.
Tu m'as tellement apporté.

Je t'embrasse. Toi, toi, toi et toi aussi.

* * *

Les commentaires resteront ouverts une semaine si tu veux laisser un témoignage genre Livre d'Or de mariage ^^ Mais pas des trucs tristes ou des reproches, hein ! Déjà que c'est compliqué... 
Ensuite, ils seront clos.

En revanche, tu pourras toujours m'envoyer un mail à blondeparesseuse@gmail.com

Les collègues, comme d'hab', on ne parle pas de ça au bureau ;-)