8 mars 2021

Almost fifty

Photo garantie avec retouches

Coucou.

Allez, on y croit, peut-être encore quelques foufous ici. Comme l'envie de te faire un petit signe sur cette plateforme qui me semble tellement riche d'histoires folles, tristes et drôles, un support un peu obsolète aussi. Je me demande si un blog qui ne promeut rien (le "contenu" comme ça s'intitule poliment) n'est pas désormais un endroit désuet. 

Bref.

Donc si tu es là, je vais te parler de mon sujet favori, et du tien aussi bien évidemment : MOI

Si l'année dernière pour le dernier billet, on nous avait dit qu'on passerait une année comme 2020, qui l'aurait cru ?... Pas moi.

Janvier 2020, je démarre l'année avec l'attente de notre départ à New York ! Voyage redouté, espéré aussi. La première fois que je suis allée à New-York, c'était autour de Noël avec le père du gosse (sans le gosse), le voyage avait été pénible. Mari désagréable, méprisant, j'en garde le souvenir amer de m'être dit que vraiment, je n'étais pas heureuse.

Et puis voilà, c'est un désir fort de l'Amoureux d'y aller. On me dit fort justement que NYC n'est pas responsable du mauvais souvenir, que c'est un autre voyage, avec une autre personne. D'accord. 

Tu sais quoi ? C'est génial. On a froid et on a un soleil de dingue, on prend notre temps, je crame 6 mois de budget shopping en 4 jours, j'aime être là en touriste, je marche, je lève les yeux, j'applaudis, je savoure, je veux devenir cheerleader et chanter du gospel... Magnifique.

On est là-bas pour la mort de Kobe Bryant, ça commence à discutailler sévère sur les chaines télé ici et ailleurs autour d'un maudit virus.

En mars, la remise de diplôme officielle de Crapaud-poilu est annoncée pour le 13, à Brest. Je pose ma journée pour aller exposer à la face du monde ma fierté maternelle. Je trouve un BlaBlacar et je voyage (non masquée, quelle blague) avec un charmant jeune homme à qui je ne serre déjà plus la main. Sur le chemin, le gosse me confirme que non, ça n'aura pas lieu. J'y pensais déjà sérieusement, mais il y a cru jusqu'au bout. Tant pis, je m'arrête à Rennes et on passe le weekend ensemble, tous les trois avec sa douce.

Le samedi soir, annonce de la fermeture des bars et des restaurants. Le lundi soir, annonce du confinement. Mon anniversaire, deux jours plus tard, se fera seule avec Darling et un tas de monde en visio.

Quelques semaines plus tard, je suis terrorisée par la maladie (impensable pour moi, pas du tout comme ça en général), je ne suis pas confinée puisque je fais partie des gens qui continuent à travailler sur site, très peu en télétravail. Certaines des personnes qui travaillent avec moi sont dans le déni face à l'épidémie et je le vis mal. J'ai peur. Je suis obèse. J'apprends à la télé que j'ai une chance sur deux d'y rester si je suis hospitalisée. Une semaine de congés imposés pour Pâques me font du bien, je couds des masques en tissu avec des tutos YouTube, j'apprends à crocheter des petits animaux rigolos, des amigurumis, tout pour ne pas laisser mon esprit s'abandonner à la panique. 

Je ne peux pas lire, c'est trop abstrait, ça permettrait à mon esprit de s'échapper et j'ai besoin de le contenir pour ne pas qu'il parte en sucette. Alors compter des mailles et se concentrer sur des choses très neutres, c'est parfait. Crocheter des licornes, c'est ma bouée de sauvetage...



Pourtant, fin avril, je pète les plombs. Arrêt de travail de trois semaines, tension au plafond et vertiges handicapants. Je refuse de sortir de la maison parce que j'ai peur de mourir. J'entame des thérapies douces, alternatives, je ne veux pas me laisser aspirer par cette spirale bleu marine, ce trou sans fond. J'agis du mieux que je peux, pour mon bien. Je remonte tout doucement.

Une épine calcanéenne dans le talon droit me fait souffrir, j'ai du mal à marcher, j'enchaine les séances d'ondes de choc chez le kiné (ça fait affreusement mal) et j'ai des semelles orthopédiques. Je continue à prendre des kilos, puisqu'en plus, je ne bouge plus beaucoup (le centre d'aquagym est fermé). Je me sens vieille, moche, grosse. Bon bah, c'est pas encore la grosse patate, hein...

Heureusement, l'été arrive, Maman peut enfin venir nous rendre visite à La Rochelle, ça fait tellement de bien de pouvoir se voir un peu, Ninou-ma-soeur aussi passe par ici avec sa famille. On ne se fait pas de bisous mais on trinque à l'avenir ;-)

En septembre, on a fêté les 70 ans de Maman ! Plein de larmes et de rires, un déplacement express et surprise en Lorraine et un cadeau de ouf, qu'elle souhaitait ardemment. Au secours. Elle a sauté en parachute. Respect.

Enfin bref, une vie quotidienne malmenée par cette époque délicate, je suppose que tu en as tout autant à raconter. Nous faisons toujours extrêmement attention car Darling et moi sommes dans les cas à risques "en raison des facteurs de co-morbidité". J'ai la chance de n'avoir eu (presque) personne touché dans mon entourage familial. Mamie a été malade récemment, mais elle avait eu le temps d'être vaccinée avant, donc elle a souffert d'une forme moins virulente. Mais bon, à 94 ans, ça secoue quand même...

J'espère que toi aussi, ça va.

On a dit adieu à Moumine début 2020, pauvre petite vieille chatte malade. Mon coeur a coulé de chagrin.

Et voilà Roxy avec nous depuis début novembre. Un sacré petit bout de pitichat à sa Môman. Gaga.

Des beaux yeux...

L'aquarelle fait désormais partie de mon quotidien. De mon vrai quotidien, c'est à dire que je peins quasiment tous les jours, pour mon bien-être et mon équilibre. Parfois le résultat me plait, parfois non, ce n'est pas grave, c'est peindre qui me fait du bien. Je suis à peu près aussi bien équipée qu'un magasin Cultura, je dépense désormais plus en pinceaux, papiers et demi-godets qu'en fringues ou chaussures !

Je rêve de pouvoir à nouveau partir en voyage. Partir avec mon amoureux, c'est ma récompense, c'est mon moteur pour aller bosser, ça fait partie de ma vie, de mes projets. Pas tout de suite, j'ai bien compris. Pas forcément envie de me mettre dans un avion tout confiné avec plein de gens... Mais ça me manque beaucoup. En même temps, je comprends que ce puisse être une question secondaire, quand peut-être certains ici ont perdu leur boulot. Mais dans mon échelle à moi, ça fait partie de l'équilibre...

Et sinon, j'ai 50 ans dans dix jours. Voilà, voilà. Sans tambour ni trompette. Sans resto, sans grosse fête. Deuxième année consécutive sans anniv à partager, avec le coeur un peu serré de ne pouvoir serrer sur mon coeur les gens que j'aime. 

Ça viendra, je suis sûre que ça (re)viendra. 

Prends soin de toi. Vraiment.

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La plupart des peintures sont visibles sur mon compte Instagram. En tout cas, celles que j'aime, les moches, j'évite ! (je ne suis pas influenceuse, mais bon, faut pas déconner quand même)

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Ah oui, et peut-être rendez-vous en août, pour les 10 de ta Grosse Blonde ;-)

Allez, des bises.