6 oct. 2016

American trip : San Francisco day #1

C'est pas la vraie Maison bleue sur la colline, mais quand même, ça nous a fait marrer


Nous voilà donc arrivés à Emeryville, terminus du train... avec une heure d'avance, ce qui semble assez exceptionnel, compte tenu que tout le monde à bord n'a eu de cesse de nous parler des retards des trains américains. En descendant sur le quai, ça me fait la même chose que lorsqu'on a passé du temps sur un bateau... je tangue !

Un bus nous emmène à San Francisco, longeant la mer puis passant sur le pont Bay Bridge. Au loin, on voit le Golden Gate, de l'autre côté de la baie, dans une petite écharpe de brume. Il fait un temps magnifique... Je suis assez excitée d'être là !


Tu le vois ? Tu le vois au loin ?

Le bus nous dépose près du quartier des affaires, nous sommes samedi et il est 17h30... autant te dire qu'on a un peu galéré pour trouver un taxi. Déjà dix minutes qu'on guette, chacun d'un côté de la rue et rien. Je ne suis qu'une boule d'angoisse : et si on n'en trouve pas, et si Karen ne nous attend pas, et si on ne trouve jamais l'appart'... Mon mec le voit et me dit "Détends-toi, tout va bien..."
Au bout d'une dizaine de minutes, on aperçoit finalement un taxi et, coup de pot, il décide de s'arrêter. On lui indique notre destination en donnant le numéro et la rue de notre maison. Il nous demande à quelle intersection ça se situe, je ne sais pas. Il trifouille dans son téléphone et nous voilà partis. 



Au premier feu rouge, dans l'abribus juste à côté de nous, un gars se shoote. A 5 mètres du taxi, assis avec ses sacs, visiblement toutes ses affaires, il cherche une veine sur son avant-bras, pique, ressort, recommence un peu plus bas. Je suis focalisé sur sa seringue blanche et je sens mon cœur et mon estomac se crisper...
Le long des rues que nous empruntons, des dizaines de sans-abri. Des gens s'interpellent dans les rues, une femme échevelée crie et chante à la fois, seule sur une murette, certains semblent avoir leur raison envolée, on voit des sacs plastiques gonflés d'affaires, des habit piteux, des pauvres gens. Je suis bouleversée. Notre voisin de train m'avait prévenue un peu plus tôt, juste avant de descendre : San Francisco est l'une des villes des Etats-Unis où il y a le plus de homeless. Il n'empêche que je ne m'attendais pas à ça, tout le monde jusqu'à présent m'a donné une vision idyllique de San Francisco...

On finit par arriver devant notre maison après 20 bonnes minutes de trajet, il y a beaucoup de circulation. La rue grimpe sec ! Ma valise à roulettes descend toute seule si je ne mets pas mon pied pour la bloquer. Karen, la propriétaire nous accueille super gentiment et nous emmène dans l'appartement sous les toits... Il est beaucoup plus grand que ce qui paraissait sur les photos, avec des parois inclinées puisqu'il a visiblement été aménagé dans le grenier. On questionne Karen sur les alentours, où dîner par exemple. Elle nous renseigne hyper gentiment.

L'entrée de la maison

Le hall

Et là, tout en haut, après plein de marches, notre appart'
Derrière la porte, y'a encore des marches, hein, sinon c'est pas drôle !

Après quelques minutes à souffler, nous voilà donc repartis pour explorer le quartier où il fait presque déjà nuit. On repère les arrêts de bus pour s'orienter un peu pour le lendemain. Un pauvre gars est assis là, la tête basse. On regarde la carte des itinéraires et une (jeune ?) femme avec un anorak dix fois trop grand pour elle et des yeux immenses qui lui mangent la figure nous demande si elle peut nous aider. Je lui demande de quel côté de la rue il faut prendre le bus pour aller downtown, elle me répond avec un grand sourire un chouïa édenté et de grands gestes de bras. Je suis bouleversée encore. Je dis merci et on continue.

Divisadero est une rue super animée, y'a quelques boutiques, des épiceries ouvertes 24/7, des bars, des resto très bobo et aussi des marchands de tacos. On regarde les menus, nous sommes samedi soir et déjà des queues se forment devant certains établissements. On se décide finalement pour un resto japonais sans carte à l'extérieur mais qui a l'air joli. Tsunami, il s'appelle.

Une charmante serveuse blonde en short nous accompagne vers une table basse avec 2 gros poufs et nous tend les cartes. Ouch. Les tarifs sont... élevés. C'est magnifique à l'intérieur, il y a des centaines de bouteilles de saké japonais, l'ambiance est cosy. Je suis à la fois contente d'être là et un peu gênée. J'ai encore ma tenue de voyage alors que le resto est plutôt classe, j'ai pas du tout prévu de mettre un budget pareil dans ce dîner. Qu'importe. On ne vit qu'une fois et on est à San Francisco, tant pis si on mange des hot-dogs jusqu'à la fin du séjour.

Le dîner est divin... A un moment, j'entends "Hey Armelle !" 
Je vois Darling qui se fige avec un drôle d'air, l'air de celui qui se demande qui peut me connaitre au bout du monde. En fait, c'est la proprio de l'appart' qui vient dîner avec une amie. Elle est toute étonnée de nous voir là puisque ce resto ne faisait pas partie des lieux qu'elle nous avait indiqués. A la fin du repas, on ne prend pas de dessert et on demande l'addition. Miss Blondie Shorty nous l'apporte avec un grand sourire, en même temps qu'une assiette avec des petits desserts, expliquant qu'elle nous est offerte par Karen. C'est adorable. Une glace au thé matcha, enveloppée dans une espèce de feuille de riz un peu gluant. Un délice ! On remercie chaleureusement Karen et on repart, un peu crevés.

Un tour à l'épicerie pour acheter une bouteille d'eau pour la nuit, contourner la queue qu'il y a encore chez Brenda's (visiblement, c'est the-place-to-be), faire un sourire au vieux type au coin de la rue qui fait la manche l'air perdu et on grimpe notre rue, nos escaliers, encore des escaliers. Voilà, fin de notre arrivée à San Francisco, un peu brassée. Demain est un autre jour, demain, on part à la découverte de la ville.


La maison d'à côté avec ses balcons en bois. La nuit, y'a des petites guirlandes électriques, c'est super mimi.

Bougainvillée et jasmin (ou chèvrefeuille, je sais pas). En tout cas, le soir, ça sent super bon.




29 commentaires:

  1. J'ai aussi été choquée par la pauvreté prégnante à SF quand je m'y suis rendue en 2014... J'avais beaucoup idéalisé cette ville et j'ai été choquée par les gens, les SDF, les junkies, le temps aussi, abominable en plein mois de juillet... De très nombreux bons côtés aussi, mais pour ma part ça ne restera pas mon coup de coeur aux US !

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    1. Des bons et des mauvais côtés mais c'est vrai, je crois qu'on avait un peu idéalisé...

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  2. Malgré les aléas moins glop, tu nous fais rêver avec ce voyage ! Je n'en perds pas une miette. La suite !

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  3. Et oui les gens oublient facilement l'autre cote de SF. Celui quye tu vois tous les jours quand tu y habites (comme je l'ai fait pendant 5ans). Mais aussi je pense que le quartier ou tu etais est un quartier pas super top question securite. J'espere que tu auras vu aussi la chaleur et l'entraide des gens vivant a SF.

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    1. Franchement, notre quartier n'était pas si mal (on était à NoPa). Et oui, on a aussi vu des gens sympas, les chauffeurs de taxi étaient plutôt cool ;-)

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  4. Ah oui, moi aussi je tombe des nues avec ces SDF ! Mince alors !

    Concernant la surprise des prix, nous avons eu une aventure du genre à Paris, avec nos filles. Pas tellement les prix, mais la carte elle-même, qui n'était pas vraiment affichée non plus. Hé bien après nous être installés, avoir consulté la carte (et être allé aux toilettes pour deux d'entre nous), et qu'une de mes filles ait entamé une tranche de pain déjà posé sur la table, j'ai lancé un regard à mon homme pour approbation, et nous nous sommes levés pour partir en expliquant que non, ça ne nous convenait pas, finalement... Je crois que j'aurais été incapable de faire ça il y a quelques années, mais maintenant je n'en ai que faire. On s'est fait INSULTER je vous dis pas comment !!! On lui a même payé le pain, au gars, pour qu'il arrête de hurler (ça n'a pas marché)... Mais bon, en sortant, je te dis pas comment j'étais trop contente de l'avoir fait !

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    1. Un truc que je serais INCAPABLE de faire. Bravo d'avoir assumé.

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  5. Merci, merci, merci pour ces moments que tu partage avec nous.
    Tes billets m'ont manqué pendant ton absence.
    En plus ma fille est en vacances pour plusieurs semaines aux states, elle me manque et à travers tes billets, j'ai l'impression de comprendre un peu ce qu'elle voit là bas !

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    1. Avec plaisir !
      Elle est de quel côté ?

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  6. C'est toujours un vrai plaisir de te lire. Je me suis régalée à bord du Zéphyr et adore redécouvrir San Francisco avec toi.

    Oh oui, la misère est frappante aux USA et San Francisco est soumise à une pression immobilière folle avec tous les travailleurs des nouvelles technologies qui ont fait flamber les prix.

    On y a fait un échange de maison il y a 10 ans déjà, et j'en garde un merveilleux souvenir. Si merveilleux que je me demande si ce serait une bonne idée d'y retourner à vrai dire. Un copain américain m'a dit que la ville a beaucoup changé entretemps.

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    1. Apparemment, la crise des subprimes a aussi fait des ravages...

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  7. Chris (aka Paquita Chocolatera)6/10/16

    Ton 1er récit sur SF me laisse une impression mitigée à cause de la pauvreté que tu décris. C'est vrai qu'il y a toujours, pour ceux qui n'y sont jamais allés, cette vision idyllique qui doit franchement dater finalement (un peu comme la vision que les américains et japonais ont de Paris). En tout cas joli hébergement. vivement la suite de vos aventures !

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    1. Oui, on se fait des idées et on peut être déçus. On a aussi adoré certaines choses, hein, faut pas croire !

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  8. Mayoun6/10/16

    Bon, j'arrive en courant et je repars aussi vite. Avec tout ce qu'on a picolé comme herbes à l'alcool, j'ai du mal à marcher droit...(non en fait j'ai trop de boulot). et puis j'aurais voulu des nouvelles de Reine (allez...la nuit de noce...juste un mot...) mais je tiens à saluer notre hôte et toutes les autres. Merci pour cet espace de liberté, de chaleur, de partage, de rêves...Quel beau voyage!

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    1. Liberté, liberté, c'est bien parce que j'étais pas là, hein, sinon, c'est pas la même ! ;-)

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  9. Smouik6/10/16

    Joli récit ! Mes souvenirs de SF remontent à il y a... longtemps (je vais jeter un voile pudique sur le nombre d'années) mais c'est encore très présent. Ma photo préférée du jour : j'hésite entre les pieux dans l'eau et le GG en filigrane, vu de loin... :)

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    1. C'était un super image, juste pour notre arrivée ;-)

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  10. Fredix6/10/16

    Des mochis ! j'adore ça ! Ca coûte un bras dans un resto japonais et une misère dans une épicerie asiatique ! Il existe pleins de parfums, des glacés, des pas glacés ! Du coup, comme ça coûte peanuts dans les épiceries, je me mange la boîte de 8 en ... ! A y est, finie !

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    1. Ah oui, les mochis, c'est moche mais si bon ! Bien que je n'en mange pas très souvent, même au supermarché asiatique ils restent chers par ici.

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    2. Ah bah j'irai voir ici aussi alors ! Merci d'avoir donné le nom ;-)

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  11. Il me tarde que tu nous en racontes un peu plus sur san francisco...
    Je crois qu'on a tout de même une vision tres televisuelle de ce pays et du coup quand on sort de l’écran, on en prend vraiment plein la tête... quelques fois c'est violent...

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  12. Anonyme8/10/16

    J attends toujours ted billets avec impatience. Je les ai découverts il n y a pas si longtemps et suivre votre voyage me fait voyager aussi. Merci pour ces moments de partage.
    Quant à San Franciso, je ne connais que les chroniques. Ta logeuse ressemble t elle a Mme Madrigal? Amicalement. B.

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    1. Nan, ma logeuse était gentille, mais beaucoup moins folklorique que Madame Madrigal ;-)
      En tout cas, elle ne nous a pas offert de cadeau de bienvenue, si tu vois ce que je veux dire...

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  13. Un truc que j'utilise tout le temps ici, c'est Uber... je dis ça rapport aux taxis, avec l'apps ça marche très bien.
    Moi aussi j'ai été bouleversée par les SDF à San Francisco mais en général en Californie (Los Angeles....), état qui reçoit beaucoup de personnes déplacées.
    Mais j'ai bien aimé la ville et la manière de vivre des habitants, le vélo sur la côte, les rues en pente (d'où les escaliers).
    La maison bleue existe, mais pas dans cette rue, vous l'avez peut-être vue les jours suivants ?

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    1. Non, je ne crois pas qu'on l'ai vue en vrai ;-)

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  14. DOMINIQUE9/10/16

    Connexion Internet capricieuse (aaah, la vie à la campagne !), merci pour cette vision de SF qui sort des clichés qu'en effet on a tous dans la tête. Vivement lundi !

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