15 juil. 2013

Olive et Malou



Tu as déjà vécu un moment un peu surréaliste ? Un truc où quand c'est terminé, tu te demandes si c'est bien arrivé. Et ben moi, ça m'a fait ça hier...

La photo en haut date de 1988, environ. Lycée Georges de la Tour, Metz, Moselle.
Les protagonistes : Olive, 2ème rang en partant du haut, 6ème position (le pull bleu-vert) / Malou, rang du bas, 1ère à gauche (bottes noires et rouges).

Olive et Malou, amoureux en 1ère. Olive et Malou, malheureux en 1ère (enfin surtout moi).

La magie des réseaux sociaux, c'est que tu peux parfois retrouver d'anciens amis, renouer des contacts, s'envoyer des mails pour se raconter, s'excuser aussi d'avoir été méchants, stupides, idiots comme quand on a 17 ans.

Et puis on peut reprendre des discussions d'adultes, s'écrire, s'imaginer, se deviner en photos, se découvrir un peu plus vieux, un peu changés mais pas tant que ça finalement... Au détour de ces conversations, il m'a conseillé, m'a poussée, encouragée à écrire, s'excusant sans cesse du mal qu'il m'avait fait. Les chagrins d'amour au lycée sont tellement brûlants, tellement puissants... Mais ils guérissent et il n'y a pas de rancoeur, juste contente de l'avoir retrouvé !

Un jour, on reçoit un texto qui dit en gros "bravo pour ton livre, je suis chez mes beaux-parents dans ta région bientôt, on se voit pour la dédicace ?" Bien sûr, et comment !

C'était hier.

Olive et Malou qui se donnent rendez-vous sur le parking de la petite ville d'à côté. La chérie d'Olive est là aussi, souriante. On se prend dans les bras, on se reconnait comme si 25 ans, finalement, c'était la semaine dernière. Je ne le trouve pas pas beaucoup changé. Il dit m'avoir reconnue de dos.

On discute, on boit un coup. On ne sait pas quel bout commencer, comment veux-tu résumer 25 ans en 2 heures ? Alors ça se fait par bribes, des petits morceaux, des tranchettes de vie, des toastinettes fines et moelleuses comme un croque-monsieur, une couche de ci, une couche de ça et un peu de chaleur pour lier le tout. 

Pas de nostalgie, juste une sacrée émotion... Partager des instants du passé sans vouloir les revivre, juste des souvenirs à évoquer, partager aussi le présent avec son amie pour ne pas que ça vire à la réunion d'anciens combattants.

Encore un peu d'émotion aussi au moment de se dire au-revoir, penser dans la voiture à toutes les choses qu'on a oublié de dire. On sait tous les deux qu'on a vécu des choses fortes, on sait tous les deux qu'elles ont laissé des traces, qu'elles ont sans doute contribué à nous construire. On y pense forcément, sans laisser toutefois les mots les révéler. Elles nous appartiennent, elles appartiennent au passé, sans regret.

C'était hier et c'était un drôle de moment... Olive et Malou, 25 ans plus tard.



38 commentaires:

  1. Le hasard fait parfois bien les choses !
    Sommes originaires de Moselle !
    Même tranche d'âge si je sais bien compter !

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  2. Isabelle15/7/13

    Bonjour! On dirait du Bruel... En tout cas c'est l'air que j'ai dans la tête depuis que j'ai lu! Bonne semaine

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    1. Heu... d'accord.
      Je le prends comme un compliment alors.

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  3. leyleydu9515/7/13

    Tu es toute mignonne sur cette photo et j'adore ton histoire!

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    1. Merci ma belle, j'étais toute pitite aussi... ;-)

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  4. Smouik15/7/13

    "On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans..." Et pourtant c'est à cet âge-là que ça fait le plus mal !

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    1. ça c'est vrai. je me souviens de pleurs sans fin au téléphone... j'avais l'impression que jamais plus je ne pourrai vivre...

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  5. Oh quel joli kiwi !
    Et cette photo je pourrais m'y chercher... ces couleurs (le vert de son pull là justement), coupes de cheveux et coiffures... haaaaaaannnnn

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    1. ça fait bizarre de se revoir ainsi... peur un peu, des fois !

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  6. DOMINIQUE15/7/13

    Jolie histoire, un peu mélancolique. Une parenthèse enchantée, c'est bien.
    Jamais au grand jamais, je me lancerais dans cet exercice. Il faut dire que ce ne seraient pas 25, mais 40 ans !
    Et puis j'ai appris à ne pas essayer de rouvrir les portes fermées. Comme de ne jamais revenir sur les lieux du passé quand la page est tournée.
    Bref, je suis une affreuse pas sentimentale pour un sou.
    Et puis j'ai du classement à faire. Je déteste le classement. Je hais le classement. Je maudis le classement. Avec ces saloperies de cigales qui me disent d'aller plutôt faire un tour dans la campagne. Elles, au moins, n'ont pas de classement à faire.

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    1. Smouik15/7/13

      tu devrais écouter les cigales et réserver le classement aux : - longues soirées d'hiver, - jours de mauvais temps, - moments où tu as besoin d'oublier Belle-Maman (tiens, pourquoi tu ne l'y colles pas ?)...
      enfin, c'est bien connu, les conseilleurs ne sont pas les payeurs...

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    2. DOMINIQUE15/7/13

      Le moment d'oublier belle-maman est une bonne idée, comme d'habitude, sœur de pensée. C'est dans la pièce d'à côté, on peut fermer la porte.
      Je pense que mon classement va prendre brusquement des allures d'évasion (et si j'entrouvre la fenêtre, j'aurai en plus les cigales !).
      Merci, pour avec deux pensums, m'avoir donné l'idée d'en faire un moment pas si désagréable !

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    3. Et si c'était Belle-Maman qui faisait le classement ? Comme ça tu pourrais aller visiter les cigales ;-)

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    4. DOMINIQUE15/7/13

      La pauvre, avec ses doigts tout amochés par des plaies qui ne cicatrisent pas (diabète)... J'ai acheté un truc de cryothérapie, pour soulager sa douleur (genre brique de congélation, mais en mou).
      Je râle, mais en fait je suis soulagée de l'avoir ici à partir de demain. On craignait un accident, à être toute seule la journée.

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    5. C'est pas rigolo de vieillir en étant malade... Bon courage ma belle....

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  7. Cette photo me fait marrer (j'ai les mêmes, hein, même époque), à cet âge-là, il y a de grandes disparités de maturité et d'attitude. Au premier rang, on a un joli panel, toi tu as l'air sage, celle complètement à droite devait être gentiment délurée et sa voisine, elle est fringuée comme une "vieille" ! Les deux en jean à côté, à la cool, surtout celles aux jambes écartées ! Trop drôle...

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    1. Celle complètement à droite, c'était ma meilleur cop's !
      Et sinon, pour le reste... tu as plutôt raison ;-)

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  8. Lallalyluulu15/7/13

    C'est la magie des réseaux sociaux...moi aussi j'y ai retrouvé mon amoureux de Ce2, Cm1, Cm2...mon premier petit bisou sur la bouche...et comme on s'était perdu de vu à partir de la 6ème...car il avait des pbs familiaux et pis moi j'ai déménagé ... on n'a pas pu se dire au revoir...je n'ai pas su vraiment ce qu'il lui était arrivé...( j'avais cru comprendre qu'il avait perdu sa maman cette année là)
    Et près de 30 ans après...un email...il ne m'avait pas oublié...ni notre premier bisous..ni les slows sur couleur menthalo...c'était très émouvant...il m'a tout expliqué... bizarrement j'étais soulagée et rassurée après cet échange d'emails...
    ps : (rien à voir avec le chmi-milblic...) Mon deuxième prénom est TRAN !!! ;)

    bisous, (a bientot pour une dédicace j'espère !)

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    1. A bientôt avec plaisir, si tu viens passer quelques jours en vacances ... ;-)

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  9. Han ! j'adore !
    Le fait d'avoir beaucoup déménagé (papa militaire et mari mobile) me pousse justement à rechercher ces racines de l'enfance et de l'adolescence... et Internet c'est génial !
    Au delà de quelques amies de collège que je vois toujours régulièrement j'ai réussi à reprendre contact avec des copines de primaire (pourtant école française en Allemagne dans les années 50 !) Passé l'enthousiasme de l'instant, il faut reconnaitre qu'après quelques mails tout s'émousse... mais c'est sympa quand même !
    Pendant que tu étais à Georges mes enfants étaient eux à Schumann et moi prof' à Peltre... que le monde est petit !

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    1. lilou1715/7/13

      Oh, Mamina, on aurait pu se rencontrer. Moi aussi, fille de militaire en Allemagne dans ces années là.
      Mais je n'ai retrouvé personne.

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    2. Mamina :)) (ça veut dire que j'ai parlé à Mamina en off)

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  10. Chris (aka Paquita Chocolatera)15/7/13

    Je l'ai déjà tenté cet exercice et à chaque fois j'ai été un peu déçue. Peut-être parce que j'en attendais trop. Comme Mamina j'ai pas mal déménagé (fille de gendarme). Et comme Dominique, pour moi une fois que la page est tournée...

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    1. Disons que j'ai eu aussi ces quelques échanges d'emails qui après s'émoussent mais avec Olive, c'était différent... ;-)

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  11. Heu... dis-moi, le tout blond tout en haut, ne s'appellerait-il pas C.G. ???

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    1. Mais TOUT A FAIT !!! Dingue !
      Tu le connais ?

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    2. Haaaan !! :)
      Mais j'étais en classe avec lui en maternelle et primaire (je ne sais plus pour le collège...). Nous sommes originaires du même patelin !! 350 mètres entre nos deux maisons (merci Google maps), sa mère était mon instit' en maternelle, et j'ai été en classe avec sa grande sœur en BTS !!!
      Mais même ce fameux Olive me dit vaguement quelque chose...
      Moi j'étais à Schuman, pas à Georges, j'étais trop nulle... ahem...
      C'est dingue, comme tu dis !!!

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    3. Hé ! tous ceux de Schumann n'étaient pas nuls... mais Georges c'étaient pour les littéraires non ? et Fab' pour les matheux ?
      Je sens que ce billet va finir par des rencontres !!!

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    4. Lorraine represent !

      Georges c'était surtout "en ville". Moi je voulais un lycée "en ville" alors j'ai pris option russe pour avoir la dérogation ;-)
      Mais Ninou-ma-soeur était à Schuamn !

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  12. lilou1715/7/13

    J'adore les histoires d'amour de jeunesse ! J'ai hâte de plonger dans ton livre parce que, mazette tu racontes bien !

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  13. C'est impressionnant ce que tu dégages sur cette photo ... je ne sais pas le traduire mais c'est saisissant.
    J'ai aimé ton témoignage, la façon dont tu le racontes.
    Des bises.

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  14. Waouw mais vous aviez du style dans ta classe ! Mes photos de classe sont (de la même époque) bien plus nazes... Mais on retrouve toujours celle qui se fringue comme sa grand-mère, et ça c'est drôle.

    Bon mais nonobstant (oui j'ai du vocabulaire), ton témoignage fait chaud, on le vit presque à ta place. J'ai googlelisé une fois le beau du lycée, eh ben franchement hein... J'aurais bien aimé revoir mes anciens camarades et faire comme toi... c'est p't'être pas trop tard...

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    1. C'est surtout plus facile de retrouver les garçons qui n'ont pas de nom de jeune fille ;-)

      Bonnes recherches !

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