12 sept. 2011

Je suis pas une pimbêche


"Pimbêche : Femme prétentieuse qui fait des embarras", dit Monsieur Larousse. Je te jure que c'est pas moi, même si des fois ça y ressemble.
Par exemple, ce week-end qui était consacré à une grosse fête, organisée dans un lieu propice à ce genre de manifestation, donc en rase campagne (parce qu'on fait du bruit) et avec hébergement inclus pour ceux qui voulaient dormir sur place. C'est un centre de loisirs qui accueille des colonies de vacances ou des trucs comme ça. Avec hébergement en dortoirs et lits superposés, douches communes et rangées de lavabos qui se font face. Tu te représentes bien ?

Bon alors, je te mets à l'aise toute de suite, mon côté pimbêche n'est pas lié au fait de dormir avec d'autres gens, ça je m'en fous. Du moment que j'ai un lit un bas. Oui, ben j'ai le droit de demander quand même. Non, parce que mon gros cul à hisser sur une échelle aussi pratique que des talons hauts sur le sable, c'est pas commode. Et en plus, ça me gonfle de faire une gymnastique improbable et d'autant plus périlleuse que dans ce genre de soirées, je me couche à 4h du matin, et pas tout à fait très très sobre. Ben oui, sinon, je pourrais aussi rentrer chez moi. Donc, je dors en bas, s'il te plait.

Dans un sac de couchage. Mince. C'est que le sac de couchage est un principe relativement éloigné de ma conception du confort, en fait. Je te dis que je suis pas une pimbêche ! Et comme une fêtarde avertie en vaut deux, je prends garde à bien l'étaler sur le lit avant de partir à l'apéro, même d'ouvrir le zip jusqu'en bas, pour faciliter la tâche que je vais devoir réaliser dans l'obscurité, puisque je n'allumerai pas la lumière pour ne pas déranger les ceusses qui sont rentrés se coucher plus tôt. Oui, j'ai des égards envers mes camarades de chambrée.
Je rentre donc, à 4h, je me démaquille (même à 4h, même bourrée, toujours, everywhere), je me brosse les dents (on reparlera de la salle de bains, attends), je me désappe. Je mets un pyjama, ce qui n'est jamais le cas, mais j'ai des égards je t'ai dit. Et là, je me glisse dans le sac, comme une saucisse dans le pain du hot-dog (c'est la seule image qui me vient, à 4h08). Je ramène les genoux vers le menton pour essayer d'atteindre le zip qui est au niveau des chevilles. Ça comprime mon estomac, putain, je vais dégueuler. Laisse tomber. Je me sers du sac comme une couverture. Je m'endors. Je ronfle, surement.

Lendemain matin. Ma bouche a dû héberger pendant la nuit la moitié du désert de Gobi, vu sa sécheresse (et avec les chameaux sauvages, vu l'haleine). Mes cheveux, que t'imagines pas comment ils ont pu décider, de leur propre volonté (je t'assure que j'y suis pour rien), de prendre une forme pareille, il faut vraiment que je me douche. Et là, je suis pas une pimbêche mais c'est juste l'enfer. Nous avons donc trois douches, ouvertes en haut en bas, avec des portes comme au vestiaire de la piscine, deux chiottes et six lavabos. Et un miroir. Le principe est donc, si j'ai bien compris, de prendre tout son attirail depuis sa chambre, pour ne pas se balader à oilpé dans le couloir. Enfin tu peux si tu veux, mais là, c'est pas pour une pimbêche que tu vas passer, je te promets. Je cherche donc ma trousse de toilette, mes habits pour après la douche et ma serviette. Ah ben non, j'ai pas de serviette. J'ai comme qui dirait oublié. Sa race. Un millier de pensées et d'idées saugrenues se bousculent avec plein d'injures au milieu, pour aboutir à... rien. Impossible de taxer en douce la serviette de la copine, ça ne se fait pas. J'opte donc pour le sacrifice de mon pyjama. Heureusement que j'ai pas pris la nuisette en mousseline. Ça doit éponger moyen, la mousseline.

Je disais donc... la douche : d'abord, le sol est déjà mouillé parce que quelqu'un est déjà passé par là. Je déteste marcher sur un sol mouillé qui n'est pas mon mouillé à moi. Ça me dégoute. Pourtant, c'est pas sale, juste mouillé. Oui, ben j'aime pas. Ensuite il faut poser ses affaires, là où elle ne seront pas aspergées par la douche. Y'a un tout petit rebord, et un crochet. Finalement, heureusement que j'ai pas de serviette, je n'aurais pas su où la mettre. Le jet de la douche est fixe, sporadique (merci le calcaire), avec bouton unique (comme à la piscine j'te dis), et réglage de température inexistant qui t'offre deux possibilités uniques : brûlant ou glacée. A choisir, avant d'entrer dans la cabine, en fonction des commentaires des copines. J'ai choisi brûlant.
Ah, putaaaainnnn, y'a de la mousse d'à côté qui passe sous la paroi, vers mes pieds. Aaaaahhhh, j'aime pas çaaaaaaa. Mais garde ta mousse, pourquoi elle vient chez moi ? Je me rince, je pense que je vais avoir des cloques à cause de la brûlure de l'eau. Puis j'entreprends de m'essuyer avec mon pyjama : le bas du pyj' pour le corps, le haut pour les cheveux. Organisation, pragamatisme. Oui, mais comment je sors de là, tu te demandes ? Je remets mon pyjama mouillé sur moi. Bon, c'est pas dégoulinant, faut pas exagérer mais c'est bizarre.
Devant un genre de miroir plein de buée, je démêle mes cheveux. Merde, j'ai pas pris le sèche-cheveux non plus. Ben j'aurais un tronche de cake. Mais propre. Je retraverse le couloir avec les pieds humides qui font plitch-plitch sur le carrelage et laissent des petites tâches marron. Donc j'ai de nouveau les pieds sales. Je les essuie avec mon pyjama. Heureusement que tu es là, pyjama.
Je n'essaierai même pas de replier mon sac de couchage, je le roule vaguement et le fourre dans un cabas Intermaché, on verra ça plus tard. Sinon, je vais piquer une crise, parce que ça rentre jamais du premier coup dans la housse, qu'est bien sûr trop petite. Et j'ai un peu mal au crâne, c'est pas le moment. Les chameaux galopent.

C'est pas facile ce genre d'expériences, heureusement que ce n'est que deux ou trois fois par an et avec des gens que j'apprécie, ce qui facilite.

Eux, ils savent bien que je suis pas une pimbêche.
Hein ?
Non, mais c'est juste que...
Enfin, si, des fois un peu quand même.

17 commentaires:

  1. Juste extra, comme d'hab' ! :-)

    RépondreSupprimer
  2. merci pour le fou rire!
    bon je ne crois pas etre une pimbêche; c'est plus mon coté asocial qui ressortirait dans ce genre de situation ^^
    t'façon j'ai horreur de dormir ailleurs que dans mon lit......

    RépondreSupprimer
  3. Désolée, promis, la prochaine fois, je dirai à cette fucking mousse de rester avec moi ;-)

    et non, mais, le désert de Gobi et ses chameaux... trop drôle, merci !

    RépondreSupprimer
  4. Et sinon quand tu as l'habitude et que tu ne veux que ton propre à toi ou au pire que "ton sale" ! et bien tu pars toujours avec tes amies les tongs ! bah oui comme ça tu n'as pas à marcher sur l'eau des autres ! enfin pas pieds nus ! j'me comprends !

    allez courage !

    RépondreSupprimer
  5. Ah là là quel enfer, je compatis, je déteste aussi le "sale" des autres (Monk sors de mon corps tout de suite...) ! Jamais plus de camping avec douches collectives pour moi depuis les colonies de vacances imposées jusqu'à ce que je puisse dire nooooooon !!!! Je SUIS une pimbêche... et j'assume !

    RépondreSupprimer
  6. leyleydu9512/9/11

    Wouah, j'ai l'impression que tu es dans mon cerveau !!!!
    j'ai fais du camping cette été pour la 1ère fois depuis 1985 et j'ai eu beaucoup de mal à "m'acclimater" (et encore, j'avais choisi un camping 4 étoiles !!)...
    Bref,le moment de solitude quand tu veux faire caca et qu'il n'y a pas un bruit dans les sanitaires sauf 3 personnes qui font leur vaisselle à l'entrée des sanitaires et qui vont bien se rendre compte que tu mets 3h avant de ressortir des wawas...solution trouvée : rester plus longtemps aux toilettes qu'elles à la vaisselle...ça peut durer trèèèèèès longtemps si elles essaient de récurer la friteuse à l'eau froide...
    Pour la douche, d'accord avec Bab : ne JAMAIS oublier les tongs et prendre un sac plastique qui ne craint plus rien pour ranger tes affaires au cas ou il n'y ait pas de crochet,de tabouret, de tablette ou poser tout ton bordel...
    Pour les cheveux, même combat que toi : toujours propres...ça passe mieux après une courte nuit et une haleine de poney mort!
    Valable aussi pour la piscine et la salle de sport (que je ne fréquente qu'une ou deux fois l'an !)

    RépondreSupprimer
  7. excellent!! j'adooore!!
    bon ben je dois être un peu (beaucoup) une pimbeche à mes heures... cpô grave! :o)

    RépondreSupprimer
  8. Hannn ouais, comme toutes avant moi, je compatis..Et j'ai eu "mal" pour toi. Nan parce que moi, déjà, dormir avec tout plein d'autres, c'est no way, même mes amis que j'aime d'amour...
    Bon lundi, chère pimbêche !!! :-)

    RépondreSupprimer
  9. @Mimine et @Colinette : merci ;-)

    @adrenaline1971 : la compagnie y fait beaucoup... et j'étais en bonne compagnie !

    @sylvie et @Bab : mes copines de colos ! Promis, je pense aux tongs la prochaine fois et t'es pardonnée pour la mousse Bibiche (enfin fais gaffe la prochaine fois).

    @Laurence : j'ai la chance d'avoir le choix de ne le faire que rarement. Heureusement !

    @leyleydu95 : t'as raison, le cas des chiottes c'est space aussi, mais bon, c'était lundi matin, tout ça... pas trop scato quoi ! mais c'est coriace aussi.

    @nana : ben, non, c'est pô grave !

    @Aleshanee : bon lundi à toi aussi ;-)

    RépondreSupprimer
  10. Bon le hot dog je tiens à préciser que c'était 4h48 ! (l'hrs du 3è repas pour les monos....)et dans la précipitation tu as oublié le mono jet de la douche qui en plus n'est pas droit, l'eau qui stagne quand tu veux subrepticement la rendre à ta copine de cabine.... Et g testé les tongs dans l'eau et tu pleures qd tu voix le lavage que tu vas devoir faire après ton passage...

    RépondreSupprimer
  11. DOMINIQUE12/9/11

    Déjà que quand nous devons dormir dans le canapé du salon pour cause de belle-mère, je pleure, alors, là... hors de question !
    Enfin, je pleure tout le temps "pour cause de belle-mère", faut dire.

    RépondreSupprimer
  12. @cocotte : ça sent le vécu !

    @DOMINIQUE : c'est pas drôle ça, dis donc. Moi j'ai du pot, j'ai une belle-maman qui est un ange. Et qui n'a pas besoin de dormir chez moi !

    RépondreSupprimer
  13. Ouaah tu m'as fait ressurgir tellement de souvenirs, trop bon! Mais dis-toi que tu es une veinarde de n'a pas avoir de cheveux longs

    RépondreSupprimer
  14. J'ai bien pensé à vous, ce week-end ;-) Et j'ai un peu regretté de ne pas avoir pu venir, mais je ne ne pouvais pas, j'avais course !

    RépondreSupprimer
  15. Anonyme5/4/12

    Je découvre, je découvre… et j'adooore ! Tu m'a volé un fou-rire !!!!!
    Je me suis revue en fiesta dans le Finistère il y a 1 an… dans un centre de colonie de vacances, je te jure qu'à part le lieu tout y est… merci !!!

    Myrtille

    RépondreSupprimer