4 sept. 2011

Foutez-moi la paix, c'est dimanche soir.

Nous sommes dimanche soir. Comme une grande partie de la population, c'est le moment de la semaine que je déteste le plus. Bien pire que le lundi matin, quand le réveil sonne, bien pire que le jour où j'ai des réunions à rallonge, bien pire que tous les autres moments de la semaine.
Le dimanche soir me fait le même effet que la pleine lune sur le prof rouquin d'Harry Potter : je me transforme en bête immonde, bavante, agressive et ennemie du genre humain. Je déteste ce moment, vers 18h, je déteste qu'on me parle, je déteste qu'on ait besoin de quelque chose.
Ça a commencé il y a environ 22 ans. Il y a exactement 22 ans -1 mois. En 1989, le dimanche soir est devenu le soir où je devais préparer mon sac pour l'internat, pour prendre le train le lundi matin. Le simple fait de devoir plier mes vêtements, préparer ma trousse toilette, mon sac de cours me tordait l'estomac. J'étais grande déjà, je veux dire, pas en 6ème, donc avec un peu de jugeotte et de raison. Un peu. Mais passer la semaine loin de ma famille, loin de mon amoureux aussi, était au-dessus de mes forces. J'étais malheureuse là-bas, loin des miens. J'aimais beaucoup ce que je faisais, mais la maison me manquait.

Tout ça, c'est loin, mais cette impression de tristesse, ce gros noeud dans les boyaux n'a pas encore compris que c'est moins grave et que lundi soir, je dormirai quand même dans mon lit. A partir de 18h, faut plus me parler. J'ai vu récemment un reportage d'investigation sur ce syndrome, dans un magazine sérieux, genre 100% Mag, et sur les moyens d'y remédier. Alors comment dire ? Ça ne m'a pas aidée du tout. Du tout, du tout. Les propositions du journaliste sont les suivantes :

Faire un dîner sympa, comme une pasta party avec des copains, pour tromper le cerveau et lui faire croire que le week-end n'est pas fini. Non, mais, ils réfléchissent ou bien ? Une pasta party : comme si j'avais pas déjà bouffé 87 trucs pas du tout indispensables dans le week-end, et qu'au lieu de faire plutôt une diète pour faire oublier le crumble pomme-cerise, j'allais en plus encore bouffer des pâtes à la sauce. Et puis, c'est qui le bon copain qui va se dévouer pour avoir du monde à bouffer le dimanche soir, alors que tout le monde bosse le lendemain, et qu'il faudra tout ranger. Pas moi. Oublie.
Autre possibilité : se détendre, prendre un bain, avec des bougies, se faire masser. Bien sûr. Mais moi le bain, ça ne me détend pas, parce que j'ai froid. Y'a toujours un bout de moi qui dépasse de l'eau : les orteils, les genoux, le ventre, les seins, les épaules, le cul si je suis à plat ventre. Ok, pas tout en même temps. Mais quand même. Et le bout mouillé qui dépasse, ben ça fait froid. Oui, je n'ai pas non plus une baignoire de 4 étoiles, et je suis plutôt large, donc en plus, ça touche les bords. Alors à chaque fois que je bouge, on se croirait au Japon un jour de tsunami. Après, faut que je passe la serpillière pour éponger le parquet autour de la baignoire. Bref, réattaquer le ménage le dimanche soir, je ne suis pas certaine que ça contribue à ma détente....
Le massage ? Miam, je vais de ce pas en parler à Chouchou qui m’envoie bouler parce que "non mais, c'est dimanche soir, je peux avoir la paix ?". Bon, il n'allait pas en pension, lui, mais le syndrome il l'a un peu aussi, faut croire.
Et sinon, pourquoi ne pas faire un jeu de société, pour profiter ensemble des derniers instants du week-end? qu'il disait, le type à la télé. Alors, comment t'expliquer ? Le jeu de société, chez nous, ce n'est pas une détente, c'est une terrible source d'engueulade et de tronche à l'envers. Crapaud-poilu est l'un des plus mauvais joueur que je connaisse et Chouchou déteste ça. Quand il décide finalement de participer, les années bissextiles ET impaires (cherche, ça arrive pas souvent),en général au bout de 7 minutes, il en a marre. Et comme le Monopoly, en-dessous de 89 minutes, ça n'a pas d'intérêt... Un dimanche soir, un jeu de société ? Je rêve.

Je n'ai pas trouvé le remède, par contre, si je croise le président de l'entreprise de sacs poubelle qui a fabriqué le putain de rouleaux qui est dans mon tiroir de cuisine (30 litres, avec liens coulissants), je vais lui réajuster les ratiches à grands coups de tatanes parce que TOUS les sacs de ce foutu rouleau sont défectueux et ne se découpent pas le long des pointillés, et ça déchire le coin, bordel. Et ça, un dimanche soir, c'est juste bon à me faire chialer de rage. Comme le fait de devoir remettre du sel "régénérant" dans le lave-vaisselle. Je déteste ça. Je pourrais attendre demain, lundi pour le faire. Mais ça c'est pas possible, rien que de savoir que la lumière clignote, ça me stresse, il faut aller au bout des choses. Si ça clignote, tu remplis. Note pour moi-même : penser à faire un post sur ce besoin infernal de tout terminer. Et se plier en douze, à quatre pattes, pour atteindre ce putain de bouchon, et en foutre partout parce que je ne sais plus où est l'entonnoir qui va bien. Bouchon-verseur, mon cul, ouais. Penser aussi à faire un procès au fabricant de sel de lave-vaisselle.

Ta gueule, fous-moi la paix.
Arrête de respirer, ça me dérange.
Pousse-toi, le chat, qu'est-ce que tu fous dans mes pattes ?
Mais j'en sais rien où est ton sac, t'as regardé dans les chiottes ?
Non, mais, j'ai pas envie de parler là.

Sinon demain, c'est la rentrée, j'aurai la boule au ventre aussi, mais pas celle du blues du dimanche soir (BDDS, pour les intimes). Ce sera pour mon tout petit Crapaud-poilu qui rentre en seconde. Dans un graaaand lycée, avec tout plein de gens hostiles. Forza, mon poilu, t'es un winner.

16 commentaires:

  1. ben même sans avoir été à l'internat, je l'ai ce BDDS. peut être depuis la fac, qui sait... je pouvais rentrer tous les we (une heure entre la fac et les parents, donc chambre d'étudiant). et donc le dimanche soir pareil.

    peut être que c'est depuis ce temps là que je l'ai perso.

    et sinon les histoires de sac poubelles, j'ai vécu la même récemment... et ça met juste le dawa dans ta cuisine quoi. alors si en plus c'est le dimanche soir, où va le monde sérieux ? !!

    et sinon t'as pensé à écrire des chansons ? parce que ton paragraphe, l'avant dernie, ben ça pourrait le faire je pense.

    allez, courage !! et je suis tout à fait persuadée que crapaud poilu va réussir haut la main l'épreuve de la rentrée en seconde :)

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  2. bon je ne vais pas risquer de me faire envoyer bouler donc je me contenterai d'un "bon courage à ton gars pour la rentrée de seconde"!

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  3. Sylvie4/9/11

    Moi non plus, je n'aime pas le dimanche soir.. C'est nul !

    Et Je pense qu'Andréa a raison, tu pourrais faire une chanson avec un refrain du style : "les mots, les mots ne sont jamais les mêmes, pour exprimer ce qu'est le blues... Ohhh la musique vivra tant que vivra..."
    Je sais pas pourquoi, je suis sûre que ça pourrait faire un tube ;-)

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  4. Moi non plus je n'aime pas le dimanche soir! moi c'était juste la trouille d'aller à l'école le lundi. j'aimais pas l'école! mais chut! faut pas le dire à Junior! il entre au CP demain!
    maintenant je suis grande... mais rien à faire. j'aime pas le dimanche soir! hier, samedi, a été horrible, parce que je me pensais dimanche! t'imagines!j'ai eu 2 dimanches soir cette semaine! semaine de merde!
    aller! bon courage!

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  5. Et c'est pour cette raison que tout le monde regarde la télé.

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  6. CHouette aujourd'hui c'est lundi ! Ah oui, c'est la rentrée...
    Chouette demain c'est mardi, le week-end approche !
    Je compatis, moi cette humeur de dogue elle arrive comme ça sans prévenir, à n'importe quel moment de la semaine, même si le pire pour moi c'est le samedi matin (un mari qui bosse le samedi, 3 enfants qui se lèvent TOUJOURS trop tôt, et moi qui suis épuisée de ma semaine...)

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  7. Anonyme5/9/11

    Pareil que toi, j'ai le bbds; j'étais interne aussi, ça doit jouer.
    Et j'ai surtout envie de rien (ne me parlez pas de bouffe entre potes, de jeux de société, etc...).
    Moralité : je ne fais rien d'autre qu'être affalée sur le canapé devant la télé.
    Et je vais me coucher avec le cafard.
    Véro la Bisontine

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  8. @Tournelune et @adrenaline1971 : tout s'est bien passé pour Crapaud-poilu, merci pour lui !

    @Sylvie : ou aussi "qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir enviiiie..." ;-)

    @nana : 2 dimanches soir : la loose

    @Denis : sûr. moi pareil.

    @Valérie de Rennes : ah ouais, c'est pas top non plus ça... une petite sieste ?

    @Anonyme Véro : ben... ça se résume aussi à ça souvent. mais j'aime pas dormir avec des insectes, perso.

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  9. C'est si bien raconté tout ça...! Au fil de la lecture, j'avais aussi les boyaux à l'envers, ça m'a pris aux tripes...putain, heureusement qu'on est lundi soir, j'en aurai chialé sinon !!!
    Bonne rentrée au Crapaud, bon courage à toi pour la semaine...et fuck les sacs poubelles ! (tiens, je le connais bien le syndrôme de "tout finir"...!)

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  10. pour le sel du lave vaisselle j'ai trouvé le remède, SUN tout-en-1 turbo gel ça fait tout et t'en fous plus partout, pour le dimanche soir y'a ciné entre filles ;)

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  11. Jamais été en internat, Fillotte Chérie non plus, mais je lui ai refilé le syndrome du bdds, va comprendre... Alors ça s'est souvent terminé en soirée crêpes pour minimiser le dégât. Je découvre ce blog, je reviendrai c'est sûr, je me suis bien marrée ! Merci !

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  12. montse11/9/11

    moi pour le dimanche soir je te propose d'écrire des choses aussi nature et sympas que celle ci, comme ça tu te défoules et nous un passe un super moment.

    CHANGE NOS DIMANCHES SOIR!!!!!!!!!!!!!!!!!

    biz

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  13. Anonyme25/9/11

    Je découvre ce blog et je me suis AUSSI bien marré: je DETESTE le dimanche soir..j'allais aussi en pension.....alors le diamnche: je mets la musique à fond...
    Marie

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  14. Faire du dimanche soir un autre jour > votre mission 2012 ? ;-)

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  15. J'ai découvert ton blog aujourd'hui et je le parcours en partant du début. Je suis déjà amoureuse de ton crapaud-poilu, qui me fait penser à mon cher fup (fils unique et préféré). Je me régale à l'avance de tous les billets que j'ai à lire. Bises

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    1. Salut Isa, mais quel courage de repartir du début... :-)
      Bienvenue en tout cas !

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